Moments 30
Traces de Vie et Créations pures


Duo Percussions

Jean-Pierre Jullian - Gilles Dalbis

suivi de + Pierre Diaz saxophones, flûtes, clarinette basse


Jour : 27 juillet 2012
Heure : 22 h
Lieu : Mèze
 
( Extraits)

   
   

Montmèze 27 07 2012 . 
Ils étaient deux, ils étaient trois, mon traderitratralala , mon traderitratralalair le soir du 27 juillet 2012 à Montmèze.
Ils étaient deux, ils étaient trois musiciens en accord parfait avec les rythmes secrets de l'univers.

Verticalité silencieuse, tambours battants , sans dessus dessous, mais dessus dessous, dessous dessus la mélodie, à l'envers de la peau du temps, du temps mesuré, à l'écoute du temps de la démesure, tambour battant la démesure je vous assure, tout contre la mélodie je vous rassure, tout contre ...

Et qui pourtant sans cesse invente et réinvente, mesurant tous les possibles , dans un presque rien azuré, le presque rien du  point possible où l'œil  écoute.. Avec les gestes qui grondent dans la splendeur d'une libre aventure où le silence élance  les voiles blanches des peaux tendues de ses tambours pour un voyage immobile ...

Archaïsme  noir et bleu aux pattes de velours qui longe  la voie de la  lumière, de la lumière  d'or, quand la clarinette basse de Pierre Diaz  se marie au soleil vespéral , et boit de son bois noir ébène dans  le calice de l'éclaircie de l'être, un Orient hypothétique et sublime .  Enfance retrouvée, enfances  éternelles...

Archaïsme jaune et rouge quand  Gilles Dalbis aux doigts de cristal éclabousse les ondulations multiphoniques de ses gongs et laisse de coté le superflu aux vautours de passage .

Archaïsme orange et vert  quand Jean-Pierre Jullian arrache à la nuit un rêve immémorial et frappe de ses baguettes magiques à l'est, à l'ouest, au nadir, au zénith et danse avec les loups autour de ses tambours ...

Avec ces trois complices Body and Soul , ça respire la liberté ,les compositions instantanées , la free-dance , les chemins de traverses, l' école buissonnière , les bouquets de lilas, les parfums de momies égyptiennes, les danses des ombres sur les parois des cavernes  , les célébrations cuivrées d'une Nouvelle Orléans mythique  aux senteurs poivrées et sucrées, les masques et les bergamasques, le sacre du printemps en été, les improvisations collectives des premiers temps  de l'humanité, l' intelligence de la retenue et de l'action, le sans filet, la célébration toujours recommencée de la vie et de la mort, la danse sacrée de l'égrégore...


Tous les trois  jouent  de la musique comme on fait la cuisine .
Avec eux  chaque  son est un plat qu'on déguste avec les yeux et les oreilles , chaque rythme et une vague qui déferle
vers vous , qui va à votre rencontre, flux et reflux de la mémoire océanique ... 

Et puis Il souffle dans son saxophone ténor , et un autre  monde jailli du bec de roseau . Souffle continue ...
Un cercle de notes comme une auréole sur le toit de la nuit ...

Le silence est musique, la musique est silence et dans les clefs d'argent de sa clarinette basse, passe  un troupeau de bisons  des steppes d'Amérique du nord .ILs  caressent leurs cymbales , cymbale contre cymbale , joues de métal contre joues de silex, de visage à visage, de corps à visage, envisageant le son, le prochain son à la prochaine gare du silence ...

Body and soul, body and soul, body and soul scandent les spectateurs sans qu'aucune lèvres ne bougent le petit doigt   ... Célébration, célébration, célébration ....

Et voici Gilles Dalbis qui demande à l'orage d'attendre un peu aux portes du ciel, juste un peu d'ailleurs .
Car  Il est lui-même le feu, le tonnerre, la force originelle  qui déferle avant de s'étendre sur le canapé du tambour, tandis qu'un chien noir  clopin clopan clapote dans la coupelle d'eau bénite,  participant lui aussi,  au miracle de la nuit, et au chant de la terre ...

La musique a jailli d'une boîte de sardine et d'un tuyau d'arrosage à arroser nos vies trop arides .
Elle s'est prise au jeu de la passion et de l'amour, elle a sonné les éternels, elle a frappé le mur du son, brisé à foison le vase de la logique et de l'automatique, pour encore nous surprendre, pour mieux  nous suspendre au fil d'or des étoiles filantes ...
                                                                                                                                                                    & nbsp;                                                      Patrick Geffroy